Oui , jeune,c'est lui à gauche.
D’abord il faut que vous sachiez que dans ma famille c’était La Société des Nations. Nombreuse famille d’émigrés Russes mais Ukrainiens, chacun des cinq frères et sœurs de ma mère s’étaient mariés avec d’autres émigrés venus de différents pays du globe : Italie, Finlande, Roumanie, Syrie, Pologne, et de toutes religions connues.
D’abord il faut que vous sachiez que dans ma famille c’était La Société des Nations. Nombreuse famille d’émigrés Russes mais Ukrainiens, chacun des cinq frères et sœurs de ma mère s’étaient mariés avec d’autres émigrés venus de différents pays du globe : Italie, Finlande, Roumanie, Syrie, Pologne, et de toutes religions connues.
Il n’y avait que mon beau-père
Armand que nous nous amusions à nommer l’étranger
car il était né à Millau, patrie de la ganterie, en Aveyron.
Parmi eux, marié à Louba une sœur
de ma mère Lydia, l’oncle Jean, une
force de la nature, roumain, tzigane, donc musicien, jouait du cymbalum, du
piano, des maracas, de la batterie dans les boites de nuit de Pigalle ? Je
l’adorais, lui me considérait comme un fils. Grande gueule, mais pas méchant, s’époumonant
à toute heure de journée des chants de son pays, coureur de jupons, il n’hésitait pas à
amener dans son foyer sa maîtresse qui,
avec le temps, fit parti du paysage. Cette pièce rapportée avait une ravissante fille que…mais ceci est
une autre histoire !
Ayant voyagé dans le monde entier
en tant que musicien dans des croisières il avait rapporté un tas d’objets
hétéroclites, particulièrement d’Afrique. Des masques, des sagaies, des petites
statuettes dans la pièce où trônait le grand piano à queue .J’écoutais, bouche
bée, me raconter ses voyages, ses aventures, ce qui lui donnait une aura
supplémentaire. Précision, la maison de Louba, Jean, et Danièle, nommée « fetita »
(prononcez fititza en roumain), leur pétulante blondinette venue sur le tard,
dont il fut de suite gaga. Cette maison côtoyait le modeste petit
pavillon de mes parents à 20 km de Paris, limite Montgeron Vigneux, encore la
campagne. (Ça va ? Vous suivez ?)
Une fois par mois, très jeune
adolescent, le samedi soir, je « montais » à Paris chez lui. C’était,
sous les combles, un médiocre studio, rue La Bruyère,
pratique, car plus près de son travail.
Rite immuable, il me cuisinait un
frugal repas, en général comme plat principal, un steak haché et une garniture,
puis tout en faisant des vocalises, se
préparait minutieusement pour aller travailler. Naïvement, j’étais intrigué car
il se fardait comme une cocotte : poudre de riz, fond de teint, gomina,
parfum, brossage minutieux avec le fameux Email Diamant Rouge. Plus tard j’en
compris le cérémonial, la nécessité,
celle d’accrocher la lumière des spots.
J’humais cette atmosphère
particulière où des hommes, redingote et casquette, aboyaient pour inciter les badauds à entrer dans ces
nombreux lieux de perditions. Les alléchantes devantures me fascinaient avec ces plantureuses femmes
nues en photos. Mais attention, pas de zézettes poilues, la partie intime des
anatomies étaient glabres, effacée par
de judicieux photographes. Corps bien lisses telle des statues antiques ou
comme les pin-up du fameux journal « Paris Hollywood ». Une exhibition
virginale.
Je me complaisais à déchiffrer
les intitulés évocateurs des multiples cinémas pornos qui foisonnaient entre
ces deux places, des titres comme « Ça glisse au pays des
merveilles » ou bien « Scarfesse ».
J’avais la sensation de côtoyer
l’enfer, cela me provoquait un sentiment curieux : celui d’être dans une autre dimension, celle d’un
interdit réservé aux adultes!
Puis je regagnais la garçonnière
du Tonton, reniflait sans les cloper, les cigarettes « Camel » qu’il
fumait en faisant de gros ronds de fumée. Je me couchais dans son vaste lit aux
draps changés mais où était imprégné, tenace, l’odeur de son subtil parfum.


Roooh, que je me suis enivrée en te lisant Tonton Mitch' !!! Gourmande, j'en redemande... attendant d'autres pièces du puzzle.
RépondreSupprimerGROS BECS.
Comme Marité,je suis fan!
RépondreSupprimerCe puzzle ne sera pas un casse-tête
mais un moment de plaisir!
À bientôt!Becssss!!!!
Très heureuse de voir mon père le premier de ce puzzle,il le méritait!
RépondreSupprimerTrès bien fait.
Super idée,à quand le prochain?
Bisous Bisous
La pétulante blondinette!!!!
Danièle
(avec un seul L )
Sympa l'oncle Jean, surtout de t'avoir laissé ces souvenirs aussi colorés. C'est un cadeau que l'on ne soupçonne pas.
RépondreSupprimerLe mien (d'oncle Jean), je n'en dirai même pas une ligne...
Bonne nuit mitch
Wow! Quelle belle façon de raconter des souvenirs...par personnage... J'adore ton sens de l'humour et de la vérité à la fois, ton point de vue de jeunot sur une parentèle hétéroclite mais combien riche d'histoire, d'anecdotes, de parfums, de péchés ;)
RépondreSupprimerToutes mes photos ont disparues. Censure, méfaits d’un hacker ou tout simplement un bug ? Consciencieusement, je les rétablis ainsi que les réponses aux commentaires :
RépondreSupprimer@ Marité et Claire Fo...: Merci pour les becs, j’en suis friant ! Les pièces ne manquent pas, il me faut juste les faire resurgirent avec du piquant.
.
@Dany: voilou cousine, rectifié… bises
@ myrtille : Merci de ton coup d'œil .Oh! Punaise j'ai fais un de ces rêves… pas très agréable... j’étais prisonnier dans une secte Satanique … au secours mister Freud !
@ mamiestther : merci, tiens je viens de remettre les photos !
Becs à vous tous itou
J'avais loupé ces pièces du puzzle, je les découvre avec grand plaisir !
RépondreSupprimerCe Paris me rappelle celui de mon père.
Bises.
@ Gloria :Un peu fainéant en ce moment, je sais , je sais... mais j'ai sous le coude deux souvenirs ( pas d'une grande gaîté, , mais bon!)
SupprimerKisses
génial !!! j'ai lu tout le texte d'une seule traite sans reprendre mon souffle et j'en
RépondreSupprimerredemande !!!
Merciiiiiiiiiii
Bises
@ Annick 49 :Merci , mais comme tu le vois un peu plus haut en réponse à Lulu, pas trop la frite en ce moment pour en écrire une autre ( Sous le coude deux autres souvenirs ,ceux-ci moins joyeux , (mais la vie n'est pas faites que de champs de roses, hein?)
SupprimerBises
Oui, je sais bien pour la frite que tu n'as pas trop en ce moment. Je te booste de loin
Supprimercomme ça en toute amitié et en te souhaitant de très vite "remonter".
des bises et merci pour tout ce que tu partages.