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jeudi 14 avril 2011

Puzzle Autobiographique: Oncle Jean

De ma « très longue » vie, je viens d’avoir l’idée d’extraire  quelques anecdotes, des situations diverses, des personnages, famille ou autres. Pas de règles,  pas de chapitres, juste au bon vouloir de mes souvenirs. Je commence par l’oncle Jean. 
Oui , jeune,c'est lui à gauche.
D’abord il faut que vous sachiez que dans ma famille  c’était La Société des Nations. Nombreuse famille d’émigrés Russes mais Ukrainiens, chacun des cinq frères et sœurs de ma mère s’étaient mariés avec d’autres émigrés venus de différents pays du globe : Italie, Finlande, Roumanie, Syrie, Pologne, et de toutes religions connues.
Il n’y avait que mon beau-père Armand que nous nous amusions à  nommer l’étranger car il était né à Millau, patrie de la ganterie,  en Aveyron.
Parmi eux, marié à Louba une sœur de ma mère Lydia,  l’oncle Jean, une force de la nature, roumain, tzigane, donc musicien, jouait du cymbalum, du piano, des maracas, de la batterie dans les boites de nuit de Pigalle ? Je l’adorais, lui me considérait comme un fils. Grande gueule, mais pas méchant, s’époumonant à toute heure de journée des chants de son pays,  coureur de jupons, il n’hésitait pas à amener  dans son foyer sa maîtresse qui, avec le temps, fit parti du paysage. Cette pièce rapportée  avait une ravissante fille que…mais ceci est une autre histoire !
Ayant voyagé dans le monde entier en tant que musicien dans des croisières il avait rapporté un tas d’objets hétéroclites, particulièrement d’Afrique. Des masques, des sagaies, des petites statuettes dans la pièce où trônait le grand piano à queue .J’écoutais, bouche bée, me raconter ses voyages, ses aventures, ce qui lui donnait une aura supplémentaire. Précision, la maison de Louba, Jean, et Danièle, nommée « fetita » (prononcez fititza en roumain), leur pétulante blondinette venue sur le tard, dont il fut de suite gaga. Cette maison  côtoyait le modeste petit pavillon de mes parents à 20 km de Paris, limite Montgeron Vigneux, encore la campagne. (Ça va ? Vous suivez ?)
Une fois par mois, très jeune adolescent, le samedi soir, je « montais » à Paris chez lui. C’était, sous les combles, un médiocre studio, rue  La Bruyère,  pratique, car plus près de son travail.
Rite immuable, il me cuisinait un frugal repas, en général comme plat principal, un steak haché et une garniture, puis  tout en faisant des vocalises, se préparait minutieusement pour aller travailler. Naïvement, j’étais intrigué car il se fardait comme une cocotte : poudre de riz, fond de teint, gomina, parfum, brossage minutieux avec le fameux Email Diamant Rouge. Plus tard j’en compris le cérémonial,  la nécessité, celle d’accrocher la lumière des spots.
Vers 23 heures nous partions, lui à son travail, moi, durant une ou deux heures, en allers retours, je déambulais de la place Pigalle célèbre par son p’tit jet d’eau, chanté par Georges Ulmer, à la Place Blanche.
J’humais cette atmosphère particulière où des hommes, redingote et casquette, aboyaient pour  inciter les badauds à entrer dans ces nombreux lieux de perditions. Les alléchantes devantures  me fascinaient avec ces plantureuses femmes nues en photos. Mais attention, pas de zézettes poilues, la partie intime des anatomies  étaient glabres, effacée par de judicieux photographes. Corps bien lisses telle des statues antiques ou comme les pin-up du fameux journal « Paris Hollywood ». Une exhibition  virginale.
Je me complaisais à déchiffrer les intitulés évocateurs des multiples cinémas pornos qui foisonnaient entre ces deux places, des titres comme « Ça glisse au pays des merveilles » ou bien « Scarfesse ».
J’avais la sensation de côtoyer l’enfer, cela me provoquait un sentiment curieux : celui  d’être dans une autre dimension, celle d’un interdit réservé aux adultes!
Puis je regagnais la garçonnière du Tonton, reniflait sans les cloper, les cigarettes « Camel » qu’il fumait en faisant de gros ronds de fumée. Je me couchais dans son vaste lit aux draps changés mais où était imprégné, tenace, l’odeur de son subtil parfum.
Le lendemain matin, dimanche, je regagnais ma grande banlieue, sans avoir revu l’oncle qui, à l’aurore, regagnait, même palier, porte en face, sa belle maîtresse, afin de reprendre des forces !



 Sacré oncle Jean...

11 commentaires:

  1. Roooh, que je me suis enivrée en te lisant Tonton Mitch' !!! Gourmande, j'en redemande... attendant d'autres pièces du puzzle.
    GROS BECS.

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  2. Comme Marité,je suis fan!
    Ce puzzle ne sera pas un casse-tête
    mais un moment de plaisir!
    À bientôt!Becssss!!!!

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  3. Très heureuse de voir mon père le premier de ce puzzle,il le méritait!
    Très bien fait.
    Super idée,à quand le prochain?
    Bisous Bisous
    La pétulante blondinette!!!!
    Danièle
    (avec un seul L )

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  4. Sympa l'oncle Jean, surtout de t'avoir laissé ces souvenirs aussi colorés. C'est un cadeau que l'on ne soupçonne pas.
    Le mien (d'oncle Jean), je n'en dirai même pas une ligne...
    Bonne nuit mitch

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  5. Wow! Quelle belle façon de raconter des souvenirs...par personnage... J'adore ton sens de l'humour et de la vérité à la fois, ton point de vue de jeunot sur une parentèle hétéroclite mais combien riche d'histoire, d'anecdotes, de parfums, de péchés ;)

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  6. Toutes mes photos ont disparues. Censure, méfaits d’un hacker ou tout simplement un bug ? Consciencieusement, je les rétablis ainsi que les réponses aux commentaires :

    @ Marité et Claire Fo...: Merci pour les becs, j’en suis friant ! Les pièces ne manquent pas, il me faut juste les faire resurgirent avec du piquant.
    .
    @Dany: voilou cousine, rectifié… bises

    @ myrtille : Merci de ton coup d'œil .Oh! Punaise j'ai fais un de ces rêves… pas très agréable... j’étais prisonnier dans une secte Satanique … au secours mister Freud !

    @ mamiestther : merci, tiens je viens de remettre les photos !

    Becs à vous tous itou

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  7. J'avais loupé ces pièces du puzzle, je les découvre avec grand plaisir !
    Ce Paris me rappelle celui de mon père.
    Bises.

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    1. @ Gloria :Un peu fainéant en ce moment, je sais , je sais... mais j'ai sous le coude deux souvenirs ( pas d'une grande gaîté, , mais bon!)
      Kisses

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  8. génial !!! j'ai lu tout le texte d'une seule traite sans reprendre mon souffle et j'en
    redemande !!!
    Merciiiiiiiiiii
    Bises

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    1. @ Annick 49 :Merci , mais comme tu le vois un peu plus haut en réponse à Lulu, pas trop la frite en ce moment pour en écrire une autre ( Sous le coude deux autres souvenirs ,ceux-ci moins joyeux , (mais la vie n'est pas faites que de champs de roses, hein?)
      Bises

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    2. Oui, je sais bien pour la frite que tu n'as pas trop en ce moment. Je te booste de loin
      comme ça en toute amitié et en te souhaitant de très vite "remonter".
      des bises et merci pour tout ce que tu partages.

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